| Qu'est-ce que le syndrome du canal carpien ? |
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Le syndrome
du canal carpien correspond à une compression localisée
du nerf médian au niveau du poignet. Le nerf médian
est un des 3 nerfs principaux de la main. Il donne la sensibilité
au pouce, à l'index, au majeur et à la moitié
externe de l'auriculaire. Il participe aussi à la motricité
des petits muscles du pouce.
Le canal carpien est un tunnel situé au niveau du poignet au
sein duquel passent le nerf médian et les tendons fléchisseurs
des doigts. Ce tunnel est inextensible, limité en arrière
par les petits os du poignet et en avant par le ligament annulaire
antérieur du carpe (LAAC).Toute modification du contenu de
ce canal va entraîner une souffrance du nerf médian.
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| Quelles sont les manifestations cliniques ? |
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Les premiers
signes cliniques sont des fourmillements (paresthésies) dans
les doigts et le pouce. Ces sensations peuvent s'apparenter
à des brûlures où des décharges électriques.
Ces paresthésies vont entraîner des réveils
nocturnes du fait de l'engourdissement de la main. Le patient
en secouant la main est alors soulagé au bout de quelques
minutes.
Ces sensations désagréables peuvent remonter au niveau
de l'avant-bras, du bras et parfois même jusqu'à
l'épaule.
En l'absence de traitement, et en cas de compression persistante
du nerf, les petits muscles du pouce peuvent se paralyser, et une
diminution de force dans la main s'installe. Il existe alors
une gêne pour des petits gestes comme la couture, boutonner
son chemisier
Le syndrome du canal carpien s'installe généralement
progressivement, mais il peut commencer de manière brutale.
Il peut toucher les deux mains (1 cas sur 2).
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| Quelles sont les causes ? |
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Dans la majorité
des cas, il s'agit d'une femme (75%) de plus de 50 ans.
Cependant, ce syndrome touche aussi les hommes, et des patients de tout âge.
Il est dit idiopathique (sans cause évidente) dans plus de
70% des cas. Il existe toutefois des terrains prédisposants: |
- causes hormonales : diabète, hypo ou hyperthyroïdie,
grossesse
- causes traumatiques : fractures du poignet
- insuffisance rénale chronique
- maladie rhumatologique : polyarthrite rhumatoïde, maladies
inflammatoires chroniques.
- exposition professionnelle : le syndrome du canal carpien fait
partie des maladies professionnelles reconnues.
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| Quels examens réalisés ? |
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Le diagnostic
est clinique.
Un électromyogramme peut être prescrit. Il permet de
mesurer les vitesses de conduction du nerf au niveau du canal carpien.
Des radiographies du poignet sont utiles en cas d'antécédent
de fracture. En cas de douleurs associées d'origine
cervicale, il faut réaliser des radiographies du rachis cervical.
L'imagerie par résonance magnétique (IRM) trouve
des indications dans les récidives, notamment après
libération endoscopique. Elle permet d'apprécier
les résidus de ligament annulaire antérieur, et l'état
du nerf médian.
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| Quelle est l'attitude thérapeutique ? |
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Le traitement
est fonction de la sévérité de la compression
du nerf médian dans le canal.
Le traitement médical repose sur la physiothérapie,
les infiltrations aux corticoïdes retard (3 maximum, espacées
au minimum de 1 mois) et les orthèses de repos nocturnes
(poignet en extension neutre). L'injection de corticoïdes
est réalisée en consultation. Il faut veiller à
ne pas réaliser d'injection dans le nerf, signalée
par le patient par la présence de paresthésies douloureuses.
Le traitement médical permet la sédation des symptômes,
mais ne prévient pas les récidives. Au bout d'un
an, environ 80% des patients récidivent et nécessitent
un traitement chirurgical. Le traitement médical trouve ses
meilleures indications au cours de modification hormonale transitoire
(grossesse, hypothyroïdie).
En cas d'échec du traitement médical, et en cas
de forme d'emblée sévère, il faut réaliser
un traitement chirurgical.
La décompression chirurgicale du nerf médian dans
le canal carpien peut être réalisée à
ciel ouvert par une mini-incision ou par des techniques endoscopiques
à une ou deux voies. Le traitement est réalisé
sous anesthésie locale en ambulatoire.
En cas de mini-incision, l'incision est dans la paume, d'environ
20 millimètres, verticale dans l'axe de la troisième
commissure, débutant juste au dessous du pli palmaire distal
du poignet. L'incision ainsi réalisée permet
d'éviter les branches du nerf médian en dehors.
Le traitement endoscopique est réalisé par une ou
deux voies. L'incision proximale est transversale en regard
du pli proximal du poignet, et sa longueur correspond au diamètre
de la canule de dilatation la plus large.
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| Quelle est l'évolution
après un traitement chirurgical ? |
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Les fourmillements
disparaissent rapidement.
Si avant l'opération, le patient présentait une
diminution de la sensibilité des doigts ou de la force, ces
symptômes régressent en quelques mois. Les soins locaux
sont nécessaires deux fois par semaine pendant 3 semaines.
La reprise des activités manuelles se fait dans des délais
brefs (quelques jours); mais la reprise des travaux de force se
fait au plutôt 3 semaines après l'intervention.
Le résultat final n'est appréciable qu'au
bout de 3 à 6 mois.
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| Quelles sont les complications ? |
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Les complications
du traitement chirurgical sont exceptionnelles et de l'ordre
de moins de 1%. On distingue les complications immédiates :
section nerveuse ou vasculaires nécessitant une réparation
microchirurgicale; les complications secondaires : la récidive
et le syndrome algoneurodystrophique. |
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Pour mémoire
Les dernières études n'ont pas montré
de différence en terme de résultat au 3ème
mois post-opératoire entre le traitement par endoscopie et
le traitement à ciel ouvert par mini-incision.
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